Nos chaus­sées, ma­lades de far­dage

La Presse (Tunisia) - - SOCIÉTÉ - Foued ALLANI

C’est une in­ven­tion tu­ni­sienne par ex­cel­lence. Elle est le fruit de la mé­dio­cri­té et de cette men­ta­li­té du far­dage et du bâ­clage. De qui se moque-t-on ? Au lieu de prendre la peine de grat­ter et d’en­le­ver l’an­cien en­ro­bage de la chaus­sée de nos rues, ba­la­fré et on­du­lé à sou­hait, on étale des­sus une énième couche. Nos mu­ni­ci­pa­li­tés sont cham­pionnes dans ce genre de ra­fis­to­lage. Ré­sul­tat im­mé­diat, la chaus­sée de­vient plus éle­vée que le trot­toir et le ca­ni­veau se trans­forme en mi­ni-ca­nyon. Ce­la va se tra­duire par des jambes cas­sées, des es­sieux de vé­hi­cules en­dom­ma­gés, plus de sa­le­tés qui s’y dé­posent, etc. Que se pas­se­ra-t-il lorsque la plu­vio­mé­trie est gé­né­reuse ? Eh bien, l’eau du ciel col­lec­tée par la chaus­sée se dé­ver­se­ra, à un mo­ment don­né, sur les trot­toirs, les inon­de­ra et pé­né­tre­ra dans cer­tains cas dans les lo­caux. Et les cas ne manquent pas. Autre pro­blème cau­sé par cette mé­thode le moins que l’on puisse dire «van­da­liste», les bouches d’égouts qui ja­lonnent les chaus­sées et qui se trans­forment en cu­vettes. Dé­ni­vel­la­tions qui vont faire souf­frir non seule­ment les pneus et les mé­ca­nismes de sus­pen­sion des voi­tures qui cir­culent mais aus­si les dos de leurs pas­sa­gers. Il fal­lait prendre la peine de ra­me­ner à ni­veau ces équi­pe­ments, bien les ca­ler et bien col­ma­ter leurs pour­tours. Hé­las, la mu­ni­ci­pa­li­té est bien plus sou­cieuse du tra­çage des zones de sta­tion­ne­ment pro­vi­soire et payant des voi­tures que de la sé­cu­ri­té des pas­sants et de celle des vé­hi­cules, en­core moins des normes en vi­gueur dans ce do­maine.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.