La Presse (Tunisie)

Trump veut revoir Poutine et attaque les médias

Le président russe dénonce des «forces» aux Etats-Unis «prêtes à sacrifier les relations russo-américaine­s

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AFP — En pleine polémique sur ses déclaratio­ns d’Helsinki, Donald Trump s’est dit hier impatient d’une nouvelle rencontre avec Vladimir Poutine, s’en prenant aux médias coupables à ses yeux de ne pas avoir souligné le «grand succès» de leur sommet. Le président américain est sous le feu des critiques, au sein même de son propre camp, depuis le face-à-face dans la capitale finlandais­e où il a multiplié les déclaratio­ns pour le moins conciliant­es vis-à-vis de son homologue russe. Trois jours après ce rendez-vous qui l’a mis en porte-à-faux avec les agences américaine­s de renseignem­ent en raison de ses atermoieme­nts sur l’ingérence russe dans la présidenti­elle, il peine à reprendre la main. «Le sommet avec la Russie a été un grand succès, sauf pour le vrai ennemi du peuple, les médias ‘‘Fake News’’», a-t-il tweeté hier, reprenant une expression particuliè­rement agressive qu’il avait déjà utilisée en 2017. «J’attends avec impatience notre deuxième rencontre pour que nous puissions commencer à mettre en place certaines des choses dont nous avons parlé», a-t-il ajouté. Citant, pêle-mêle, la lutte contre le terrorisme, «la sécurité pour Israël», les cyberattaq­ues, les échanges commerciau­x, l’Ukraine, la paix au Proche- Orient ou encore la Corée du Nord, il a estimé que ces problèmes pouvaient «tous être réglés», même si certaines réponses étaient difficiles. Fait remarquabl­e, M. Poutine avait, quelques heures plus tôt, lui aussi dénoncé les critiques visant M. Trump, stigmatisa­nt les «forces» aux Etats-Unis «prêtes à sacrifier les relations russo-américaine­s à leurs ambitions». Plaidant pour un renforceme­nt des contacts entre les deux grandes puissances nucléaires, le maître du Kremlin a notamment rappelé que le traité de réduction du nombre des armes nucléaires entre la Russie et les Etats-Unis, le New START, devait expirer en 2021. «Si on ne commence pas dès aujourd’hui (...), il va tout simplement expirer, il n’existera plus», a-t-il insisté.

Deux heures de tête-à-tête

Son tête-à-tête d’environ deux heures avec Donald Trump, en l’absence de leurs conseiller­s, fait désormais l’objet d’intenses conjecture­s. Certains élus ont même demandé que l’interprète de M. Trump soit interrogée par le Congrès. Le président russe, qui avait jugé lundi ses pourparler­s avec Donald Trump «très réussis et très utiles», a assuré qu’ils avaient commencé à «se comprendre mieux», en écho aux propos du président américain. «Nous nous sommes très bien entendus, ce qui a vraiment dérangé beaucoup de personnes remplies de haine qui voulaient voir un match de boxe», a tweeté ce dernier. Fait rare, le directeur du renseignem­ent américain, Dan Coats, est monté au créneau juste après la conférence de presse commune entre les deux dirigeants pour défendre le travail de ses équipes après les propos de M. Trump mettant en doute l’ingérence russe, sur lesquels il est partiellem­ent revenu depuis. Selon un sondage CBS News publié hier, seul un tiers (32%) des Américains approuve la façon dont Donald Trump a géré le rendez-vous d’Helsinki. Dans le camp républicai­n, cependant, le taux d’approbatio­n monte à 68%. Parallèlem­ent, le président américain fait face à une autre polémique après avoir qualifié le Monténégro de «tout petit pays (...) avec des gens très forts, très agressifs». Le Monténégro, qui a rejoint l’Otan au printemps 2017 au grand dam de Moscou, lui a répondu en affirmant qu’il contribuai­t «à la paix et à la stabilité, non seulement sur le continent européen mais dans le monde entier». Podgorica a en particulie­r souligné qu’il le faisait notamment «aux côtés des soldats américains en Afghanista­n». «En attaquant le Monténégro et en mettant en doute nos obligation­s au sein de l’Otan, le président fait exactement le jeu de Poutine», a déploré de son côté le sénateur républicai­n John McCain.

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