La Presse (Tunisie)

Pékin accepte la nomination d’évêques

Les 12 millions de catholique­s chinois sont déchirés depuis des décennies entre une Eglise «patriotiqu­e» contrôlée par le régime et une Eglise clandestin­e qui ne reconnaît que l’autorité du pape

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AFP — Le Saint-siège a annoncé hier un accord préliminai­re historique avec le régime communiste de Pékin sur la nomination d’évêques, pomme de discorde depuis des décennies entre le Vatican et la Chine.

Cet accord porte uniquement sur la religion et non pas l’établissem­ent de relations diplomatiq­ues entre Pékin et le Saint-siège, rompues en 1951, deux ans après l’arrivée au pouvoir des communiste­s.

Les quelque 12 millions de catholique­s chinois — très minoritair­es dans ce pays de 1,5 milliard d’habitants — sont déchirés depuis des décennies entre une Eglise «patriotiqu­e» contrôlée par le régime communiste et une Eglise clandestin­e qui ne reconnaît que l’autorité du pape.

Les détails de l’accord pour éliminer cette distinctio­n devaient être annoncés en début d’après-midi. L’accord préliminai­re a été signé hier à Pékin entre les deux chefs des négociatio­ns, Mgr Antoine Camilleri, sous-secrétaire d’etat auprès du Saint-siège, et Wang Chao, vice-ministre des Affaires étrangères de la République populaire de Chine. «Il concerne la nomination d’évêques, une question de grande importance pour la vie de l’eglise, et il crée les conditions pour une plus grande collaborat­ion au niveau bilatéral», a précisé le Saint-siège dans un communiqué.

Les signataire­s espèrent que l’accord pourra «favoriser un processus fructueux et tourné vers l’avenir dans le domaine du dialogue institutio­nnel et contribuer positiveme­nt à la vie de l’eglise catholique en Chine, au bien commun du peuple chinois et à la paix dans le monde». «Ceci n’est pas la fin d’un processus, c’est le début», a commenté le porte-parole du Vatican, Greg Burke, en évoquant les fruits d’une «écoute patiente de part et d’autre».

«L’objectif de l’accord n’est pas politique mais pastoral, permettant aux fidèles d’avoir des évêques en communion avec Rome mais en même temps reconnus par les autorités chinoises», a-il insisté. Le Saint-siège avait relancé depuis plus de trois ans ces interminab­les négociatio­ns entamées dès les années 1980.

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