Sa­mi Toun­si, fon­da­teur de Mon­res­to.tn, li­vreur de sa­veurs

Nous avons tous des idées. Mais rares sont ceux qui osent pas­ser à l’ac­tion. Sa­mi Toun­si fait par­tie de cette der­nière ca­té­go­rie. Les obs­tacles qu’il a ren­con­trés tout au long de son par­cours n’ont pas réus­si à lui faire re­brous­ser che­min. Ré­sul­tat : son

Le Manager - - Sommaire - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR AH­MED SAOUDI

Par­lez- nous de votre par­cours ?

Je com­men­ce­rai par l’egypte, où j’ai fait une par­tie de mes études se­con­daires. Un pays beau­coup plus fa­mi­lia­ri­sé avec la li­vrai­son que la Tu­ni­sie, grâce aux nom­breuses chaînes de res­tau­ra­tion in­ter­na­tio­nales qui s’y sont ins­tal­lées. C’était ma pre­mière source d’ins­pi­ra­tion. De re­tour en Tu­ni­sie, le Bac en poche, j’ai pour­sui­vi des études en ma­na­ge­ment et en sys­tème d’in­for­ma­tion. Après quoi, j’ai com­men­cé à tra­vailler dans la so­cié­té fa­mi­liale évo­luant dans les sec­teurs de la lo­gis­tique et de l’agroal imen­tai re. Cette ex­pé­rience s’est avé­rée par­ti­cu­liè­re­ment utile et a été l’oc­ca­sion pour moi de ga­gner une cer­taine ex­per­tise dans ce do­maine.

Com­ment l’idée de Mon­res­to.tn vous est-elle ve­nue ?

J’avais un ami qui gé­rait un groupe de li­vreurs pour le compte de res­tau­ra­teurs à Mon­tréal. Je lui ai pro­po­sé de créer une pla­te­forme et de ré­fé­ren­cer les me­nus des res­tau­rants par­te­naires, pour per­mettre aux consom­ma­teurs de pas­ser leurs com­mandes. Notre mis­sion était de les li­vrer moyen­nant une com­mis­sion. Avoir un as­so­cié dans le sec­teur de la li­vrai­son nous a énor­mé­ment ai­dés. Pour ce pro­jet, nous avons eu de gros sou­cis concer­nant l’as­pect tech­nique et avons donc dé­ci­dé de sous-trai­ter le dé­ve­lop­pe­ment de la pla­te­forme. Il s’est avé­ré que ce n’était pas le bon choix car nous avons dû su­bir plu­sieurs re­tards. Le lan­ce­ment du pro­jet à Mon­tréal a été donc an­nu­lé. Mon as­so­cié et moi, nous nous sommes sé­pa­rés de suite. Loin de déses­pé­rer, j’ai com­men­cé la mise en place d’un plan B : lan­cer le pro­jet en Tu­ni­sie.

L’aven­ture tu­ni­sienne était-elle meilleure ?

En 2010, j’ai com­men­cé à pros­pec­ter les res­tau­rants. Ils ont ap­pré­cié l’idée et j’ai ain­si réus­si à nouer une ving­taine de par­te­na­riats. Tout n’était pas rose : du­rant la brève exis­tence d’un concur­rent, nous étions obli­gés de ré­duire consi­dé­ra­ble­ment nos marges. Mal­gré ce­la, nous avons conti­nué à pré­pa­rer notre lan­ce­ment … et même de re­cru­ter nos propres li­vreurs. Et la ré­vo­lu­tion sur­vint! L’ac­ti­vi­té était très faible à cause des per­tur­ba­tions et des couvre-feu, ... Tou­te­fois, les charges fixes (sa­laires, achat de mo­tos, …) étaient in­com­pres­sibles. Pis en­core, nous avons été vic­times de plu­sieurs vols. Vu ces cir­cons­tances, nous avons dé­ci­dé de swit­cher vers des li­vreurs en free­lance et de li­mi­ter notre ac­ti­vi­té au strict mi­ni­mum.

N’avez-vous pas pen­sé à tout aban­don­ner ?

Non. Car j’ai tou­jours cru que ce pro­jet avait de fortes po­ten­tia­li­tés. D’ailleurs, dès le re­tour au calme en 2015, j’ai dé­ci­dé de re­prendre l’ac­ti­vi­té. Cette fois, dé­ter­mi­né de ne plus re­faire les er­reurs du pas­sé. Avec le sou­tien de quelques in­ves­tis­seurs, nous avons re­cru­té un di­rec­teur tech­nique ex­pé­ri­men­té qui avait pour prin­ci­pale mis­sion la re­fonte de la pla­te­forme. Mu­ni de ces nou­velles com­pé­tences, nous nous sommes concen­trés sur l’ex­pé­rience uti­li­sa­teur. La nou­velle ver­sion de Mon­res­to.tn a pu ain­si voir le jour en mai 2015.

Le che­min de­vrait être beau­coup plus fa­cile à par­cou­rir cette fois-ci …

Le dé col la g e n’é ta i t mal­heu­reu­se­ment pas aus­si fluide que nous l’avions sou­hai­té. Et ce, à cause de quelques bugs sur notre nou­velle pla­te­forme, mais aus­si avec l’ap­pa­ri­tion de plu­sieurs concur­rents sur le mar­ché. Nous avons ré­sis­té grâce à nos in­ves­tis­seurs qui ont cru en nous. Nous avons re­pen­sé nos pro­cess et amé­lio­ré nos tech­niques de né­go­cia­tions avec les res­tau­rants. Du coup, nous étions ca­pables d’aug­men­ter nos marges. Au dé­part, nous n’avions au­cune vi­si­bi­li­té sur le ter­rain. Nous avons donc in­té­gré de nou­velles fonc­tion­na­li­tés per­met­tant, no­tam­ment, de suivre les ac­ti­vi­tés des li­vreurs en temps réel. Nous avons aus­si don­né la pos­si­bi­li­té aux uti­li­sa­teurs d’éva­luer les res­tau­rants et les li­vreurs. Toutes ces amé­lio­ra­tions nous ont per­mis de re­haus­ser la qua­li­té de notre offre.

Vous ve­nez de lan­cer un nou­veau ser­vice, Ji­bly. Par­lez-nous en !

Ce ser­vice vient com­plé­ter notre offre de li­vrai­son. Les uti­li­sa­teurs peuvent dé­sor­mais se faire li­vrer leurs courses (yaourts, bois­sons, …). Nous avons dé­mar­ré Ji­bly pen­dant le mois de Ra­ma­dan, afin de faire face à la baisse consi­dé­rable des com­mandes de res­tau­ra­tion. Nos clients ont ap­pré­cié ce ser­vice vu qu’il leur fa­ci­lite énor­mé­ment la vie. Nous tra­vaillons tou­jours pour l’amé­lio­ra­tion de nos services et conti­nue­rons d’étof­fer nos pres­ta­tions.

Vos pro­jets fu­turs ?

Nous sommes ac­tuel­le­ment

en dis­cus­sions avec de nou­veaux in­ves­tis­seurs. Nous vou­drions nous lan­cer à l’in­ter­na­tio­nal et nous ou­vrir sur de nou­veaux mar­chés, en l’oc­cur­rence l’afrique. Nous es­pé­rons ré­col­ter les fonds né­ces­saires grâce à une très pro­chaine le­vée de fonds.

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