Mise en garde…

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Sa­mia HARRAR

Le dé­par­te­ment d'etat amé­ri­cain a ou­blié son ba­lai sur le per­ron. Il fau­drait qu'il s'en serve. L'al­lée est jon­chée de feuilles mortes. Ce­la étant, il n'a pas d'in­quié­tude à se faire: ses res­sor­tis­sants sont cer­tai­ne­ment mieux à l'abri en Tu­ni­sie, sud-est y com­pris, que dans cer­taines villes amé­ri­caines où on tire l'homme comme du gi­bier, pour un dé­lit de fa­ciès.

Le dé­par­te­ment d’etat amé­ri­cain a ou­blié son ba­lai sur le per­ron. Il fau­drait qu’il s’en serve. L’al­lée est jon­chée de feuilles mortes. Ce­la étant, il n’a pas d’in­quié­tude à se faire : ses res­sor­tis­sants sont cer­tai­ne­ment mieux à l’abri en Tu­ni­sie, sud-est y com­pris, que dans cer­taines villes amé­ri­caines où on tire l’homme comme du gi­bier, pour un dé­lit de fa­ciès. Alors du coup, il ne fau­drait pas pous­ser, ça com­mence à être aga­çant un cran plus. L’on n’ira pas jus­qu’à pré­tendre, que notre pays est à l’abri de n’im­porte quelle pous­sée de fièvre ter­ro­riste : ce­la ne se­rait pas vrai. Mais il n’est pas le seul. Cer­tai­ne­ment pas le seul sur la co­mète, à ap­pré­hen­der l’in­tru­sion sur son sol, d’élé­ments ter­ro­ristes de re­tour de Sy­rie, ou ve­nant de Li­bye, et qui cher­che­raient à tout prix à s’en ve­nir se­mer le chaos et l’hor­reur, in­tra-mu­ros. Des « loups so­li­taires », il y en a aus­si, on ne peut pas le dé­nier, qui at­tendent le mo­ment op­por­tun pour agir, et frap­per un grand coup, afin de dé­sta­bi­li­ser da­van­tage, une Tu­ni­sie, qui plie par­fois mais ne rompt tou­jours pas. Sa­chant que la donne est com­plexe, que les cartes sont tra­fi­quées, et que cer­tains en­jeux géos­tra­té­giques ont connu ces der­niers temps, des chan­ge­ments qui n’étaient pas pré­vus au pro­gramme, il est à se de­man­der pour­quoi le dé­par­te­ment d’etat amé­ri­cain, a choi­si ce mo­ment pré­cis, pour ré­ité­rer sa mise en garde, contre le dé­pla­ce­ment de ses ci­toyens en Tu­ni­sie. Une mise en garde, ou une mise en de­meure ? Il y a un si­gnal. Il y a un émet­teur et il y a un ré­cep­teur. Il ar­rive que le ré­seau soit brouillé. Ou sa­tu­ré. Ou les deux à la fois. Il ar­rive qu’il y ait aus­si mal­donne. De part et d’autre. Il faut alors rec­ti­fier le tir. Pour être plus co­hé­rent. Ou chan­ger de fré­quence. Celle-là gré­sille à vriller le tym­pan. Du coup, elle en de­vient in­au­dible. Ce n’est pas faute d’avoir ten­du l’oreille. Mais on ne com­prend pas. Ce ré­pon­deur ne prend plus les mes­sages…

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