Bé­ji Caïd Es­seb­si de moins en moins ins­pi­ré

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Sal­ma BOURAOUI

Mal­gré les dé­fis et les dif­fi­cul­tés ren­con­trés, Bé­ji Caïd Es­seb­si a réus­si son pa­ri de for­mer un gou­ver­ne­ment d'union na­tio­nale pré­si­dé par un jeune di­ri­geant is­su de Ni­daa Tounes. Un mois et quelques pous­sières plus tard, le pré­sident de la Ré­pu­blique a ac­cor­dé une in­ter­view à nos confrères de « Akher Kha­bar » où il est re­ve­nu sur l'ac­tua­li­té du pays. Au ni­veau éco­no­mique, le chef de l'etat a pré­ci­sé que le FMI n'a ja­mais de­man­dé à la Tu­ni­sie de ren­voyer des fonc­tion­naires mais il a de­man­dé à ce que les re­cru­te­ments soient ge­lés le temps que la crise passe et que la re­lance éco­no­mique se réa­lise. Dans ce cadre, Bé­ji Caïd Es­seb­si a ex­pli­qué que l'etat tu­ni­sien ira dans ce sens et que les re­cru­te­ments dans la fonc­tion pu­blique connaî­tront une nette ré­duc­tion. Il au­rait fal­lu ex­pli­quer un peu mieux ici puisque lors­qu'on parle de ré­duc­tion (ou de sus­pen­sion se­lon le mi­nistre de l'em­ploi et de la For­ma­tion pro­fes­sion­nelle, Imed Ham­ma­mi) au ni­veau de ces re­cru­te­ments, on pense au­to­ma­ti­que­ment aux sec­teurs sa­ni­taires, édu­ca­tifs et sé­cu­ri­taires: ne doit-on donc pas avoir plus de pré­ci­sion sur re­cru­te­ments se­lon les be­soins ? Evo­quant le dos­sier de la lutte contre la cor­rup­tion, le pré­sident de la Ré­pu­blique a avoué que l'etat de droit en Tu­ni­sie est de­ve­nu très faible et qu'il fau­drait pu­nir tous ceux qui tra­vaillent et créent des for­tunes en vio­lant la loi.

Mal­gré les dé­fis et les dif­fi­cul­tés ren­con­trés, Bé­ji Caïd Es­seb­si a réus­si son pa­ri de for­mer un gou­ver­ne­ment d’union na­tio­nale pré­si­dé par un jeune di­ri­geant is­su de Ni­daa Tounes. Un mois et quelques pous­sières plus tard, le pré­sident de la Ré­pu­blique a ac­cor­dé une in­ter­view à nos confrères de « Akher Kha­bar » où il est re­ve­nu sur l’ac­tua­li­té du pays. Au ni­veau éco­no­mique, le chef de l’etat a pré­ci­sé que le FMI n’a ja­mais de­man­dé à la Tu­ni­sie de ren­voyer des fonc­tion­naires mais il a de­man­dé à ce que les re­cru­te­ments soient ge­lés le temps que la crise passe et que la re­lance éco­no­mique se réa­lise. Dans ce cadre, Bé­ji Caïd Es­seb­si a ex­pli­qué que l’etat tu­ni­sien ira dans ce sens et que les re­cru­te­ments dans la fonc­tion pu­blique connaî­tront une nette ré­duc­tion. Il au­rait fal­lu ex­pli­quer un peu mieux ici puisque lors­qu’on parle de ré­duc­tion (ou de sus­pen­sion se­lon le mi­nistre de l’em­ploi et de la For­ma­tion pro­fes­sion­nelle, Imed Ham­ma­mi) au ni­veau de ces re­cru­te­ments, on pense au­to­ma­ti­que­ment aux sec­teurs sa­ni­taires, édu­ca­tifs et sé­cu­ri­taires: ne doit-on donc pas avoir plus de pré­ci­sion sur re­cru­te­ments se­lon les be­soins ?

Evo­quant le dos­sier de la lutte contre la cor­rup­tion, le pré­sident de la Ré­pu­blique a avoué que l’etat de droit en Tu­ni­sie est de­ve­nu très faible et qu’il fau­drait pu­nir tous ceux qui tra­vaillent et créent des for­tunes en vio­lant la loi.

Pour lui, la cor­rup­tion était, sous le ré­gime de Ben Ali, ins­tal­lée chez quelques mi­lieux bien connus alors qu’elle est de­ve­nue, au­jourd’hui, om­ni­pré­sente par­tout. Bé­ji Caïd Es­seb­si est même al­lé jus­qu’à dire qu’il existe des ma­fias qui ont ex­ploi­té la fai­blesse et la fra­gi­li­té de l’etat pour faire main­mise sur les mé­dias et les ins­ti­tu­tions éco­no­miques en uti­li­sant l’ar­gent sale. Que le pré­sident de la Ré­pu­blique dé­laisse la langue de bois pour al­ler di­rec­te­ment au coeur des su­jets qui fâchent, ce­la ne peut être que po­si­tif. Par contre, il n’est pas rai­son­nable de voir, presque conti­nuel­le­ment, les grands res­pon­sables de l’etat faire l’état des lieux de la si­tua­tion éco­no­mique, ju­ri­dique et autre du pays sans pas­ser à l’acte. Le nou­veau pou­voir en place est ins­tal­lé de­puis jan­vier 2015, in­dé­pen­dam­ment des chan­ge­ments (un re­ma­nie­ment, un chan­ge­ment de gou­ver­ne­ment et un très pro­bable autre re­ma­nie­ment mi­nis­té­riel qui au­rait lieu bien­tôt se­lon nos sources), et on a l’im­pres­sion qu’au­cune vraie ré­forme (po­pu­laire ou pas) n’a été ini­tiée…

Sur le vo­let per­son­nel, Bé­ji Caïd Es­seb­si, et comme il nous y a ha­bi­tués, n’a pas mâ­ché ses mots pour contrer toutes les cam­pagnes qui l’ont vi­sé ces deux der­niers mois.

Dé­cla­rant s’être ren­du, der­niè­re­ment, à Pa­ris pour ef­fec­tuer des contrôles mé­di­caux ha­bi­tuels vu son âge, le chef de l’etat a ex­pli­qué qu’il re­fuse de « cé­der au ter­ro­risme in­tel­lec­tuel qu’exerce Mon­cef Mar­zou­ki contre lui en uti­li­sant, tout le temps, des ru­meurs concer­nant sa san­té ». Caïd Es­seb­si n’a pas ra­té l’oc­ca­sion pour faire un pe­tit clin d’oeil aux « po­li­ti­ciens qui uti­lisent son état de san­té pour bâ­tir leur ave­nir ». Se­lon BCE, la loi ne l’oblige pas à pu­blier son dos­sier de san­té mais sa conscience lui dicte de dé­mis­sion­ner au cas où il tom­be­rait très ma­lade et se­rait em­pê­ché d’ef­fec­tuer sa mis­sion.

Il est vrai qu’il n’existe pas (en­core) une loi en Tu­ni­sie qui oblige le pré­sident de la Ré­pu­blique ou le chef du gou­ver­ne­ment à rendre pu­blic leur dos­sier mé­di­cal. La ques­tion n’au­rait peu­têtre pas été po­sée si le su­jet n’avait pas été évo­qué par quelques di­ri­geants de Ni­daa Tounes qui avaient, lors de la cam­pagne élec­to­rale pré­si­den­tielle, ré­cla­mé que Mar­zou­ki pu­blie son dos­sier mé­di­cal pour prou­ver qu’il n’a ja­mais été ad­mis dans un asile psy­chia­trique en France…

Pour fi­nir, Bé­ji Caïd Es­seb­si a été in­vi­té à com­men­ter l’ac­tuelle crise qui se­coue Ni­daa Tounes de­puis le len­de­main des élec­tions. Pour le fon­da­teur du mou­ve­ment, la crise se­ra, pe­tit à pe­tit, dé­pas­sée. Il a d’ailleurs ex­pli­qué qu’elle était pré­vi­sible vu le ca­rac­tère hé­té­ro­gène de la com­po­si­tion du Ni­daa et vu les am­bi­tions et les ma­noeuvres de cer­tains qui ont ali­men­té la tem­pête. Là en­core, le pré­sident a ou­blié de men­tion­ner deux élé­ments im­por­tants. Le pre­mier concerne la pré­vi­si­bi­li­té de ce que vit Ni­daa Tounes: la crise n’a pas com­men­cé au len­de­main des élec­tions mais après l’en­trée fra­cas­sante de Ha­fedh Caïd Es­seb­si aux ins­ti­tu­tions du mou­ve­ment en mars 2013.

Le se­cond élé­ment qui a fait em­pi­rer la si­tua­tion est le re­fus de Bé­ji Caïd Es­seb­si, avant les élec­tions et avant son dé­part pour le pa­lais de Car­thage, de la te­nue d’un con­grès élec­tif qui, rap­pe­lons-le, se fait tou­jours at­tendre.

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