La ba­taille de Mos­soul fait rage

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

• Im­por­tante of­fen­sive contre la ville de Kir­kouk

Une se­maine après le dé­but de l’of­fen­sive ira­kienne pour re­prendre la ville de Mos­soul à l’état is­la­mique, l’ar­mée ira­kienne a re­pris le contrôle de cer­taines villes avoi­si­nantes mais se heurte à une forte ré­sis­tance. La ba­taille de Mos­soul est stra­té­gique : la ville du nord de l’irak, la deuxième du pays, est la der­nière ville im­por­tante ira­kienne contrô­lée par le groupe ter­ro­riste, et la re­prise de Mos­soul scel­le­rait la fin de L’EI en Irak. L’im­por­tance est éga­le­ment sym­bo­lique : L’EI a pris Mos­soul après avoir mis en dé­route l’ar­mée ira­kienne avec des forces bien moins im­por­tantes, et c’est la prise de Mos­soul qui a mis L’EI sur la carte comme groupe dji­ha­diste le plus re­dou­table.

Les forces ira­kiennes ont en­cer­clé la ville et ont at­ta­qué par le nord, l’est et le sud.

Elles livrent ba­taille dans des villes pour la plu­part sont dé­ser­tées. Elles se heurtent à une forte ré­sis­tance, face à un ter­rain mi­né et des at­taques de ca­mions-sui­cide, de ro­quettes et de mor­tiers. Les forces doivent avan­cer pru­dem­ment à cause des mines et pour ré­duire les pertes ci­viles. Par­fois les re­belles ont pro­cé­dé à des re­traites tac­tiques, et dans une ville c’est un sou­lè­ve­ment de la po­pu­la­tion lo­cale qui a chas­sé L’EI avant l’ar­ri­vée de l’ar­mée. L’of­fen­sive ira­kienne est sou­te­nue par une coa­li­tion oc­ci­den­tale me­née par les État­su­nis, à la­quelle par­ti­cipe la France, par des frappes aé­riennes, du ren­sei­gne­ment, du ma­té­riel et des forces spé­ciales.

Pour faire di­ver­sion, le groupe ter­ro­riste a me­né une vague d’at­ten­tats sui­cide à Bag­dad et dans d’autres villes, et lan­cé une of­fen­sive im­por­tante contre la ville de Kir­kouk, à 170 km de Mos­soul, fai­sant au moins 80 vic­times. Pen­dant la se­maine, les forces spé­ciales ira­kiennes ont re­pris la ville de Bar­tel­la, une ville chré­tienne, où le dra­peau ira­kien a été le­vé, et la cloche de l’église a son­né pour la pre­mière fois de­puis l’in­va­sion de L’EI. Pen­dant ce temps, la 9ème di­vi­sion de l’ar­mée ira­kienne a pé­né­tré la ville de Ham­da­niya et a cap­tu­ré le bâ­ti­ment gou­ver­ne­men­tal prin­ci­pal. Au nord, ce sont les pesh­mer­ga, les com­bat­tants kurdes, qui ont re­pris plu­sieurs vil­lages, et ont en­cer­clé la ville de Ba­chi­qa en co­or­di­na­tion avec les forces spé­ciales ira­kiennes.

Pour l’ins­tant, se­lon l’onu, c’est en­vi­ron 5000 ci­vils qui ont été dé­pla­cés par l’of­fen­sive, une toute pe­tite frac­tion du mil­lion de gens qui vivent dans Mos­soul et ses en­vi­rons. Les groupes hu­ma­ni­taires craignent un exode de masse des ci­vils de Mos­soul, qui sub­mer­ge­rait les camps de ré­fu­giés des alen­tours, mais il y a de forts risques que L’EI uti­lise les ci­vils comme bou­cliers hu­mains. Si le gou­ver­ne­ment ira­kien se vante que l’opé­ra­tion avance plus vite que pré­vu, la ba­taille s’an­nonce plus dif­fi­cile, et du­re­ra sans doute des se­maines, voire des mois. Lorsque la ba­taille s’en­ga­ge­ra dans les zones ur­baines den­sé­ment peu­plées, il fau­dra se battre pied par pied, avec moins de frappes aé­riennes et d’ar­tille­rie, face à un groupe qui a eu deux ans pour se pré­pa­rer à cette of­fen­sive. Fu­mées au des­sus d’un poste de l’état is­la­mique dans la ville de Na­wran, près de Mos­soul

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