Les Tu­ni­siens gardent en­core la tête sur les épaules!

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Par Kha­led GUEZMIR

Les peuples sont plus rai­son­nables que les ac­teurs de la classe po­li­tique… notre son­dage d'hier le prouve lar­ge­ment ! Ou, alors, com­ment ex­pli­quer que, mal­gré toutes ces crises éco­no­miques et fi­nan­cières à ré­pé­ti­tion, une bonne par­tie des son­dés, en ma­jo­ri­té des classes moyennes, s'ac­crochent aux ins­tances exé­cu­tives au som­met de la hié­rar­chie de l'etat, et mieux en­core, à Ni­da Tou­nès, tou­jours pre­mier par­ti po­pu­laire de Tu­ni­sie, mal­gré toutes les tem­pêtes, dans ce grand verre d'eau des berges du Lac !

Les peuples sont plus rai­son­nables que les ac­teurs de la classe po­li­tique… notre son­dage d’hier le prouve lar­ge­ment ! Ou, alors, com­ment ex­pli­quer que, mal­gré toutes ces crises éco­no­miques et fi­nan­cières à ré­pé­ti­tion, une bonne par­tie des son­dés, en ma­jo­ri­té des classes moyennes, s’ac­crochent aux ins­tances exé­cu­tives au som­met de la hié­rar­chie de l’etat, et mieux en­core, à Ni­da Tou­nès, tou­jours pre­mier par­ti po­pu­laire de Tu­ni­sie, mal­gré toutes les tem­pêtes, dans ce grand verre d’eau des berges du Lac ! Dans tout autre pays, au­cun pré­sident ne ré­sis­te­rait à cette cam­pagne achar­née contre son fils, M. Ha­fedh Caïed Es­seb­si, prié de toutes parts de re­non­cer à la po­li­tique parce qu’il est tout sim­ple­ment le « fils de son père », Pré­sident de la Ré­pu­blique ! Je ne veux pas dé­fendre l’in­dé­fen­dable, mais des en­fants de po­li­ti­ciens qui s’en­gagent dans la course au pou­voir… il n’y a que ce­la de par le monde. L’exemple vient de très haut… l’amé­rique… qui a don­né trois Ken­ne­dy pré­si­den­tiables dont deux ef­fec­ti­ve­ment élus puis as­sas­si­nés. Au­jourd’hui, la course à la « Mai­son blanche » se fait « en fa­mille » et Ma­dame Hi­la­ry Clin­ton a les plus grandes chances de suc­cé­der à son ma­ri-pré­sident M. Bill Clin­ton, sans par­ler des « Bush » qui ont don­né deux pré­si­dents et un sé­na­teur tou­jours dans le « pipe », pour la dé­cen­nie qui s’an­nonce. En France, M.eu­rope Jacques De­lors, a bien don­né sa fille maire de Lille comme pre­mière se­cré­taire du par­ti so­cia­liste, juste avant Fran­çois Hol­lande, De Gaulle, lui-même, au ni­veau de sa car­rière mi­li­taire avait un fils re­mar­quable, l’ami­ral De Gaulle, et la suite est longue. Par consé­quent et mal­gré tout, ce qui a été re­pro­ché en long et en large, à BCE, de sou­te­nir ou du moins, ne pas écar­ter son fils de la scène po­li­tique, le Pré­sident de la Ré­pu­blique est tou­jours aus­si po­pu­laire au­près des Tu­ni­siennes et des Tu­ni­siens, parce que tout sim­ple­ment, il de­meure le der­nier « Roc » de pro­tec­tion contre les vagues suc­ces­sives de dé­sta­bi­li­sa­tion de l’etat et du pays. BCE est à 46% des in­ten­tions de vote dans un pays presque à ge­noux éco­no­mi­que­ment alors que M. Fran­çois Hol­lande, pré­sident de la 5ème puis­sance éco­no­mique mon­diale (pas­sée 6ème le mois der­nier) n’est cré­di­té que de 4% d’in­ten­tions de votes fa­vo­rables ! Le Pre­mier mi­nistre n’est pas, non plus, bien loin de rat­tra­per son re­tard dans les sou­tiens fa­vo­rables avec plus de 35% de pré­somp­tion de votes fa­vo­rables et 39% des voix non ex­pri­mées pour le mo­ment, ce qui lui donne une marge de pro­gres­sion énorme. Il suf­fit qu’il réa­lise un bon coup mé­dia­tique et un franc suc­cès à la con­fé­rence in­ter­na­tio­nale des in­ves­tis­seurs, pré­vue fin no­vembre, pour re­mon­ter au ni­veau du Pré­sident et qui sait plus. La grande énigme, c’est quand même, la ré­sis­tance im­pré­vue de Ni­da Tou­nès qui reste le par­ti ma­jo­ri­taire dans l’opi­nion, ta­lon­né par En­nahd­ha, le par­ti is­la­miste, mais sans au­cun in­dice qui pour­rait me­na­cer son lea­der­ship po­pu­laire. Tout le reste se sta­bi­lise.

Le Front po­pu­laire fait du sur­place à 10% d’in­ten­tions fa­vo­rables et le par­ti du « Pro­jet Tu­ni­sie » de M. Moh­sen Mar­zouk, est au coude à coude avec le « Ha­rak » du Dr. Mon­cef Mar­zouk, à 8%, à peu de chose près. Ni­da Tou­nès est peut être en train de nar­guer les ana­lystes et les po­li­tistes de tout bord et de dé­men­tir tous les pro­nos­tics qui l’ont bou­té hors de la com­pé­ti­tion à l’ho­ri­zon 2019-2020, ain­si que pour les mu­ni­ci­pales re­por­tées. A quoi ce­la est dû !?... Peut être au dic­tion de la sa­gesse po­pu­laire : « Ched mchou­mek… lay­jik ma achouam » (garde ton mal pré­sent car le pro­chain peut être pire). Di­sons, tout sim­ple­ment que Ni­da Tou­nès est en­core ras­su­rant de­vant toutes les in­con­nues qui nous at­tendent et qui risquent de dé­té­rio­rer da­van­tage une si­tua­tion ar­ri­vée au seuil cri­tique grave. Fi­na­le­ment les Tu­ni­siens n’ont plus soifs de « ré­vo­lu­tion » ! Je di­rai même qu’ils re­doutent et re­jettent vi­gou­reu­se­ment ces « ap­pels » ir­res­pon­sables et en­fan­tins à une « 2ème ré­vo­lu­tion ». Les Tu­ni­siens ont très mal di­gé­ré les dé­rives de la pre­mière, les ex­cès de mo­bi­li­sa­tion en tout genre, ain­si que les consé­quences dra­ma­tiques de la mon­tée des me­naces ter­ro­ristes, l’agres­sion constante contre l’iden­ti­té spé­ci­fique tu­ni­sienne et les coups por­tés à la mo­der­ni­sa­tion, en gé­né­ral. Ils ne re­con­naissent plus pour la plu­part leur pays où les « speaks cor­ners » et les « Marble-arch », de la fa­na­ti­sa­tion des masses a at­teint l’in­to­lé­rable. Un pays tou­ris­tique, es­sen­tiel­le­ment, ne peut sur­vivre éco­no­mi­que­ment que par la sé­cu­ri­té et l’apai­se­ment so­cial. Or, au cours des cinq der­nières an­nées, la sé­cu­ri­té tu­ni­sienne a évi­té par mi­racle, la dé­com­po­si­tion du fait de ma­ni­pu­la­tions per­ni­cieuses et mor­telles qui ont dé­ca­pi­té les « Ren­sei­gne­ments gé­né­raux », et les bri­gades, ja­dis très cré­dibles, de lutte an­ti-ter­ro­riste. Quant à la paix so­ciale il vaut mieux ne pas en par­ler et tour­ner la page, car au­cune éco­no­mie au monde aus­si per­for­mante soit-elle, n’au­rait pu pas­ser le cap des 800 grèves et si­tin, que nous avons connus, en 2015, sans dé­po­ser le bi­lan et faire faillite !

Fi­na­le­ment, ce qui dope la po­pu­la­ri­té du Pré­sident de la Ré­pu­blique et de l’exé­cu­tif, en gé­né­ral, c’est la nette amé­lio­ra­tion sé­cu­ri­taire, pour preuve, la me­nace ter­ro­riste est à nou­veau per­çue comme faible par les son­dés d’hier.

Par ailleurs, la re­prise dans le bas­sin mi­nier et à Pe­tro­fac ont été cer­tai­ne­ment bé­né­fiques à l’image du gou­ver­ne­ment mal­gré les nou­veaux risques de per­tur­ba­tions au su­jet de la loi de fi­nances 2017 et les syn­di­cats tou­jours aus­si en­tre­pre­nants, à ap­pe­ler à la grève ! Quant à Ni­da Tou­nès, ne l’en­ter­rez pas trop vite ! N’ou­blions pas, que faute de pré­ten­dant cré­dible et ca­pable de contre­ba­lan­cer l’am­bi­tion dé­vo­rante des is­la­mistes pour le pou­voir, le­ni­da drai­ne­ra en­core la grande masse des Tu­ni­siens et des « Bour­gui­biens » re­pré­sen­ta­tifs de la Tu­ni­sie des lu­mières et de la mo­der­ni­sa­tion avec cet at­ta­che­ment in­dé­fec­tible à la pa­trie… la Tu­ni­sie mil­lé­naire… et rien que la Tu­ni­sie ! Quand la charge des pro­chaines élec­tions son­ne­ra… le « vote utile » et le prag­ma­tisme des Tu­ni­siens, au­ront le der­nier mot. Il suf­fit pour les « ni­daïstes » d’opé­rer au plus vite la re­mise à ni­veau du par­ti qui reste le seul hé­ri­tier pour le mo­ment du par­ti des­tou­rien de Bour­gui­ba et ses pairs. Les son­dages sont ce qu’ils sont, par­fois im­pré­vi­sibles ou dé­ce­vants pour cer­tains, mais le peuple tu­ni­sien garde en­core la tête sur les épaules… Il est même en avance sur la classe po­li­tique qui baigne dans l’ir­ra­tion­nel iden­ti­taire so­cial et po­li­tique, ou­bliant cette vé­ri­té uni­ver­selle : « Quand les peuples doutent et ont peur…. Ils sont ti­rés na­tu­rel­le­ment vers le conser­va­tisme »… Ques­tion d’ins­tinct de conver­sa­tion !

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