« Il ne faut pas dra­ma­ti­ser les choses dans le rap­port com­pé­ti­ti­vi­té, on est bien clas­sé »

Le Temps (Tunisia) - - Business Finance -

ex­pert en nor­ma­li­sa­tion et ma­na­ge­ment in­té­gré en Tu­ni­sie au Temps Bu­si­ness et Fi­nances :

Que pen­sez-vous du rap­port qua­li­té / prix en Tu­ni­sie ?

Le rap­port prix / qua­li­té, c’est ca­pi­tal. Ce qui est no­toire c’est que le prix a tou­jours re­flé­té la qua­li­té du pro­duit. Il est vrai que par­fois en Tu­ni­sie le prix ne tra­duit pas réel­le­ment la qua­li­té du pro­duit, et ici on parle de cul­ture. Pour­quoi chez nous on ex­porte de très bonnes qua­li­tés et en Tu­ni­sie on ne pré­sente aux clients qu’une qua­li­té moyenne ? C’est qu’on est ca­pable de réa­li­ser de la qua­li­té, mais mal­heu­reu­se­ment, les gens n’adhé­rent pas. Lors­qu’une en­tre­prise lance un pro­duit à un prix exor­bi­tant per­sonne ne l’achète ? Ce qui fait qu’ac­tuel­le­ment les en­tre­prises tu­ni­siennes es­saient de pré­sen­ter un pro­duit qui n’est pas de haute qua­li­té. Le prix est une ques­tion de cul­ture de consom­ma­tion qu’on n’a pas.

Comment éva­luez-vous les en­tre­prises tu­ni­siennes en ma­tière de nor­ma­li­sa­tion et de Nous avons adhé­ré au sys­tème qua­li­té ?

Nous avons adhé­ré au sys­tème de­puis les an­nées 80. Les normes on les res­pecte, on les ap­plique. Reste que la ques­tion qui se pose est de sa­voir s’il y a un contrôle ef­fi­cace ou pas ? Et ce n’est pas à l’etat de veiller à ce contrôle. C’est le rôle de l’homme d’af­faires, de l’in­dus­triel et du patronat. En re­vanche, on ai­me­rait bien avoir un prix qua­li­té dé­cer­né par l’etat.

Est-il op­por­tun de par­ler de la gou­ver­nance qua­li­té au sein de l’en­tre­prise tu­ni­sienne ?

Ac­tuel­le­ment, on parle de la gou­ver­nance po­li­tique, alors que la qua­li­té est aus­si une com­po­sante de la gou­ver­nance. Le pro­blème qui se pose dans notre pays est un pro­blème jus­te­ment de qua­li­té : il n’y a pas de qua­li­té au ni­veau de l’en­vi­ron­ne­ment, de la sé­cu­ri­té, au ni­veau so­cial ….. Heu­reu­se­ment que la com­pé­ti­ti­vi­té se dé­ve­loppe chez nous. Nous avons des en­tre­prises qui sont com­pé­ti­tives, qui ex­portent. Il ne faut pas dra­ma­ti­ser les choses. Dans le rap­port com­pé­ti­ti­vi­té, on est bien clas­sé.

Quel est le fac­teur de l’ex­cel­lence pour abou­tir à une bonne qua­li­té ?

Il faut ai­mer ce qu’on fait. Le fac­teur de l’ex­cel­lence est dans le coeur. L’ex­cel­lence n’est pas le fait des normes, des lois et des dé­crets seule­ment. Elle est éga­le­ment dans la ma­nière de faire, d’agir, de tra­vailler…

Qu’en est-il du mo­dèle EFQM ?

C’est un mo­dèle eu­ro­péen. En Tu­ni­sie, on a adop­té cette dé­marche dans le cadre du prix na­tio­nal de la qua­li­té. En ef­fet, le Prix qui va être oc­troyé à l’en­tre­prise la plus ef­fi­cace dans le mo­dèle EFQM, se­ra dé­cer­né le 23 no­vembre 2016.

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