Des Saou­diennes tombent le ni­qab et créent un phé­no­mène de so­cié­té

Le Temps (Tunisia) - - LA UNE -

Les femmes à Riyad semblent dé­ci­dées à faire tom­ber cer­tains prin­cipes, à com­men­cer par le ni­qab, sym­bole de la lour­deur des tra­di­tions... Un phé­no­mène consta­té ces der­nières an­nées. La presse lo­cale n'hé­site plus à évo­quer le su­jet. Des Saou­diennes ne se sentent plus obli­gées de se dé­pla­cer dans les rues de la ca­pi­tale en cou­vrant leur vi­sage d'un voile connu sous le nom de ni­qab, consi­dé­ré par beau­coup comme l'exi­gence non obli­ga­toire de l'is­lam... De plus en plus, de jeunes femmes optent pour le port du voile is­la­mique, lais­sant par­fois dé­pas­ser des mèches de che­veux. Pous­sant l'élé­gance jus­qu'à co­or­don­ner le voile co­lo­ré avec l'abaya (long man­teau) tra­di­tion­nel­le­ment noire. A L'oc­ca­sion du MISK Glo­bal Fo­rum, un évé­ne­ment consa­cré à la jeu­nesse saou­dienne et or­ga­ni­sé la se­maine der­nière dans un grand hô­tel du centre de Riyad, on a en ef­fet pu voir la plu­part de ces jeunes filles ha­billées d'une abaya co­lo­rée, et d'un voile né­gli­gem­ment po­sé sur la tête.

La com­mis­sion de la pro­mo­tion de la ver­tu et de la pré­ven­tion du vice a per­du de son pou­voir.

Il ya à peine quatre ans, ce com­por­te­ment consi­dé­ré comme "dé­sin­volte" et non conforme à la tra­di­tion au­rait été sanc­tion­né sur le champ par la re­dou­table po­lice re­li­gieuse ap­pe­lée aus­si "Mu­ta­wa". De­puis avril der­nier, par dé­cret royal, la com­mis­sion de la pro­mo­tion de la ver­tu et de la pré­ven­tion du vice a per­du de son pou­voir, seuls des mut­ta­was zé­lés font de la ré­sis­tance, tels les der­niers des "Mo­hi­cans"...

On se sou­vient qu'il y a quatre ans, des ou­lé­mas (le cler­gé) avaient lan­cé une fat­wa contre les femmes qui por­taient une abaya co­lo­rée. Fort heu­reu­se­ment ce temps est qua­si­ment ré­vo­lu. Les abayas prennent de la cou­leur, les femmes de l'as­su­rance. Faw­zia, 25 ans, in­fir­mière ra­conte: "Dans ma fa­mille plu­tôt conser­va­trice et tra­di­tion­nelle, ma soeur aî­née ne pou­vait pas por­ter le hi­jab, seule­ment le ni­qab. Quant à moi, la plus jeune de la fra­trie de cinq en­fants, il m'ar­rive de mar­cher dans la rue, dans cer­tains quar­tiers, sans le voile, je me sens plus libre."

Source: Huff­post

Des femmes saou­diennes pré­sentes au MISK Glo­bal Fo­rum à Riyad

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