Per­so­na non gra­ta…

Le Temps (Tunisia) - - PROXIMITE - Sa­mia HARRAR

Il gêne. Aux en­tour­nures, jus­qu’à faire grin­cer des dents : aga­cés, ex­cé­dés, presque au bord de l’apo­plexie, tous ceux qui dé­testent les chan­ge­ments, se com­plaisent dans l’im­mo­bi­lisme, et vouent une sainte hor­reur à tout agi­ta­teur dans le do­maine des idées, qui veut faire bou­ger les choses lors­qu’il est plus confor­table pour d’autres, de faire du sur-place, un oeil fixé sur l’hor­loge mu­rale qui égrène les heures et les mi­nutes, l’autre ri­vé sur une montre, dont les ai­guilles ne tournent pas as­sez vite à leur gré, pour qu’ils puissent re­joindre en­fin leurs « cha­ren­taises », pour un re­pos bien mé­ri­té. Car, il n’y a rien de plus fa­ti­guant que de se tour­ner les pouces à lon­gueur de jour­née, en re­fai­sant, jour après jour les mêmes gestes, comme gé­rés par une mé­ca­nique aveugle, sans se de­man­der une seule fois, s’il ne convient pas de chan­ger quelque chose à la marche des choses, afin d’amé­lio­rer son ren­de­ment. Alors, ils se sont don­né le mot pour le faire tom­ber, ac­cor­dant, pour une fois leurs vio­lons, mais cette fois-ci, à mau­vais es­cient.

Ses ré­formes dé­rangent, il dé­range. Et sa bou­geotte leur donne du tour­nis. Il est po­pu­laire, tout en étant im­po­pu­laire : c’est ce­la le pa­ra­doxe. Et il est de taille… Pour­tant, il est cer­tain que ce­lui qui ne tente rien n’a rien. Parce que, il vaut mieux faire le choix de tout re­mettre en ques­tion, afin de faire évo­luer les choses, en col­ma­tant toutes les brèches, et il y en a, plu­tôt que de conti­nuer à avan­cer en crabe, jus­qu’à s’en­tor­tiller soi-même ses pieds dans le ta­pis, et chu­ter, trop oc­cu­pé à édi­fier des plans pour dé­cons­truire lors­qu’il est urgent de cons­truire. Sa­cré Jal­loul ! Ils se sont ju­ré de le faire tom­ber. Alors, ques­tion sub­si­diaire : il en fait trop ou pas as­sez ? Chiche…

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.