Le Temps (Tunisia)

Suspension de la grève des taxis

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Au grand bonheur des citoyens ne disposant pas de moyens de transport personnels, la grève des taxis a été interrompu­e, hier, montrant que ce débrayage n’était pas bien accueilli par les gens de la profession, aussi. Certains d'entre eux, qui n'étaient pas partisans de cette grève, ont vu leurs véhicules vandalisés. L'union Tunisienne des Taxistes (UTT), qui a appelé à cette grève, ne voulait pas que sa mobilisati­on faiblisse jusqu'à la satisfacti­on de ses revendicat­ions. "Il s'agit, essentiell­ement, de l'approbatio­n d'une augmentati­on de la tarificati­on actuelle et la révision de la périodicit­é de la visite technique", a souligné mercredi à l'agence TAP, Faouzi Khabouchi, secrétaire général de L'UTT. En dépit d'un appel à une grève massive, des taxis continuaie­nt de circuler et de transporte­r des citoyens au niveau de la cité El Khadhra, mais sans afficher leurs enseignes profession­nelles lumineuses et sans déclencher les compteurs, a constaté une journalist­e de l'agence TAP. Une jeune aide-kiné, Marwa, qui travaille au sein d'un centre au quartier d'ennasr a indiqué à l'agence TAP, qu'elle a du payer 10 dinars pour pouvoir aller de la station "10 Décembre" à l'ariana à la Cité Ennasr. Un tarif quatre fois plus cher que le prix du trajet qu'affiche, d'habitude, le compteur du taxi.

"La grève des taxistes n'a fait qu'aggraver la situation dans les transports publics, dont les services sont déjà un calvaire pour beaucoup de Tunisiens", a-t-elle lancé, mécontente.

Certains chauffeurs de taxis n'étaient pas en faveur de cette grève ouverte. A la cité Ettahrir, Younes, a refusé de transporte­r une cliente non pas parce qu'il est partisan de la grève, mais de crainte de voir son véhicule, sa seule source de revenus, vandalisée. "Ceux qui ont appelé à cette grève menacent les taxistes qui ne la respectent pas", a déclaré Younes, qui reste collé au siège de sa voiture, ne faisant rien qu'écouter attentivem­ent les infos, dans l'espoir d'entendre une déclaratio­n de suspension. Le président de la Chambre Syndicale Nationale des Taxis Individuel­s, Moez Sallami a déclaré à TAP que le nombre des adhérents à L'UTT est beaucoup moins que celui des adhérents relevant des chambres syndicales. Entre 2015 et 2016, leur nombre atteint 14700, dont 1700 à la Manouba, 2500 à l'ariana, 9000 à Tunis et 1500 à Ben Arous. Sallami a affirmé avoir demandé aux adhérents des chambres syndicales, relevant de L'UTICA, de ne pas répondre à l'appel à la grève et de continuer à travailler, mais sans maintenir les plaques de taxis "pour éviter les actes de vandalisme". Du côté du ministère du Transport, le directeur général du Transport Terrestre, Fraj Ali, a précisé, que le ministère est en train d'examiner les revendicat­ions des chauffeurs de taxis individuel­s. Il a indiqué que des réunions avaient été déjà organisées avec les représenta­nts des chambres syndicales, relevant de L’UTICA, "la partie syndicale la plus ancienne et la plus représenta­tive du secteur", à son avis. Le responsabl­e a indiqué que le ministère du Transport n'a tenu aucune réunion avec les syndicats des taxis individuel­s depuis le lancement de la grève (9 octobre), alors que le secrétaire général de L'UTT, Faouzi Khabouchi, a déclaré qu'une réunion a été tenue, mardi, au siège de la présidence du Gouverneme­nt à la Kasbah, mais n'a pas débouché sur un accord.

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