en FI­NIR Avec Les IDÉES Re­çues

La mé­di­ta­tion pâ­tit de dif­fé­rents cli­chés qui n’ont pour­tant rien à voir avec la pra­tique. Zoom sur les cinq prin­ci­pales idées re­çues et ex­pli­ca­tions.

Esprit Yoga HS - - SOMMAIRE - Texte : Barry Boyce ; Il­lus­tra­tions : So­phie Ruf­fieux

Tor­dons le cou à cinq cli­chés sur la mé­di­ta­tion

Toute per­sonne qui a dé­jà mé­di­té, ou tout sim­ple­ment qui s’est dé­jà es­sayé à une ac­ti­vi­té to­ta­le­ment nou­velle pour elle, jouer la gui­tare, créer un blog, faire du snow­board, a, à un mo­ment ou à un autre, dou­té de ses com­pé­tences. Sou­vent elle a connu le dé­cou­ra­ge­ment et a fi­ni par se dire :

« Je ne suis pas fait pour ça. Je ne suis bon à rien. J’ar­rête ». C’est un trait qui nous ca­rac­té­rise, nous, êtres hu­mains. Nous ai­mons nous au­to-fla­gel­ler. Nous ai­mons dire

« le pro­blème chez moi, c’est que je suis… » Et une cer­taine lit­té­ra­ture sur la mé­di­ta­tion de ra­jou­ter : trop dis­trait ; trop ra­pide ; trop né­ga­tif ; trop su­per­fi­ciel ; trop…

Mé­di­ter, ce n’est pas ar­ri­ver quelque part, at­teindre un but. La mé­di­ta­tion est une ex­plo­ra­tion. C’est l’oc­ca­sion de pé­né­trer dans les rouages de notre es­prit : nos sen­sa­tions, nos émo­tions, nos pen­sées.

La pra­tique de la pleine conscience, le fait d’être cu­rieux de ce qui se passe dans notre es­prit, est li­bé­ra­teur. Nous en ve­nons à res­sen­tir que les mou­ve­ments de l’es­prit ne sont pas si mys­té­rieux et nous pou­vons donc na­vi­guer plus aisément au milieu des sen­sa­tions, pen­sées et émo­tions. Tous les bien­faits de la mé­di­ta­tion viennent du fait que nous fai­sons l’ex­pé­rience de notre es­prit comme d’une chose que nous ar­ri­vons à gé­rer. Mais tout ce­ci n’a rien à voir avec une quel­conque idée de ré­pa­ra­tion. Votre es­prit est na­tu­rel­le­ment ca­pable de pleine conscience, d’at­ten­tion, de gen­tillesse et de com­pas­sion. Il n’a pas be­soin d’être ré­pa­ré. Bien sûr, nous tré­bu­chons, nous nous éga­rons, nous nous agi­tons. Mais ce dont nous avons d’abord be­soin, c’est d’un mi­ni­mum de cons­tance. En ré­pé­tant avec dou­ceur une ha­bi­tude toute simple, celle de re­ve­nir à un an­crage de l’es­prit, en se concen­trant sur le souffle, émerge peu à peu une cer­taine sta­bi­li­té qui per­met d’avoir une meilleure vi­sion de ce qui se passe et de faire des choix plus avi­sés. Quand vous ap­pre­nez à cui­si­ner, vous al­lez peut-être brû­ler quelque chose. Ça ne veut pas dire que vous n’êtes pas cui­si­nier. Ça veut juste dire que la pro­chaine fois il fau­dra bais­ser un peu le feu !

la mé­di­ta­tion Sert à « ré­pa­rer » quelque chose qui cloche en vous

Il est si fa­cile de confondre la pra­tique de la mé­di­ta­tion et ses ré­sul­tats pré­su­més. Puisque nous ra­len­tis­sons quand nous mé­di­tons (nous bou­geons peu, ou nous ne bou­geons pas et notre mé­ca­nisme de pensée fi­nit par ra­len­tir quelque peu), il est na­tu­rel de pen­ser que ce­la si­gni­fie que tous ceux qui mé­ditent sont cen­sés être lents et un peu en­dor­mis ; pas vrai­ment des sprin­ters ou des gens ex­ci­tants.

Se­lon cette idée re­çue, le mé­di­tant est fade, terne, en état de béa­ti­tude et ab­sent. Si ab­sor­bé par son es­prit et par son état qu’il n’a pas de temps à ac­cor­der aux choses or­di­naires. C’est quel­qu’un de pa­ci­fique et de pas­sif.

Il est im­man­qua­ble­ment sérieux à tout mo­ment.

Il s’agit d’un vieux sté­réo­type, per­ni­cieux et per­sis­tant. Si nous ra­len­tis­sons pen­dant la pra­tique de mé­di­ta­tion, c’est pour nous per­mettre de voir la ma­nière dont opère l’es­prit. Et comme nous le sa­vons tous, il existe un nombre in­fi­ni de types d’es­prits (ti­mides, ex­tra­ver­tis, ra­pides, lents, am­bi­tieux, ré­flé­chis…) et au sein de chaque es­prit se trouve une large gamme d’émo­tions.

L’une des ins­ti­tu­tions à la pointe de l’étude de la mé­di­ta­tion traite jus­te­ment de ça. Le Centre de re­cherche pour des idées saines de l’uni­ver­si­té de Wis­con­sin-ma­di­son, fon­dé par le neu­ro-scien­ti­fique et spé­cia­liste des émo­tions Ri­chie Da­vid­son, em­ploie ces termes pour dé­si­gner les es­prits avides de dé­cou­vertes qui tirent par­fai­te­ment pro­fit d’une large gamme de com­pé­tences et de qua­li­tés. La mé­di­ta­tion est l’un des moyens de fa­vo­ri­ser cette san­té fondamentale de l’es­prit. Loin de nous rendre tous en­nuyeux et uni­formes, la pra­tique de la pleine conscience nous per­met d’être nous-mêmes, plus li­bre­ment, en lais­sant toutes nos ca­rac­té­ris­tiques les plus ex­cep­tion­nelles et uniques s’épa­nouir.

Idée re­çue n° 1

la mé­di­ta­tion est très en­nuyeuse

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.