Rock & Folk : 2020-06-25

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Images La rubrique DVD se transforme et s’ouvre aux plateforme­s qui diffusent des documentai­res sur le rock et des films de concert PAR JERôME SOLIGNY Streaming/ DVD/ Blu-ray décennie suivante et le coup de booster, inattendu mais somme toute apprécié (et pas seulement du banquier de Ray Davies), de Van Halen qui, en 1978, a cartonné de façon obscène en s’approprian­t, “You Really Got Me”. A voir absolument donc, avant ou après avoir dégusté la récente réédition de “Arthur (Or The Decline And Fall Of The British Empire)”, album génial et... controvers­é. “Shot! The Psycho-Spiritual Mantra Of Rock” Actuelleme­nt sur Netflix C’est une sorte d’ami de la famille Rock&Folk, le grand frère américain. Un type sensas qui sait ce qu’avoir le sens du timing veut dire. Les années 1972 et 1973, au hasard, Mick Rock — c’est son vrai nom, ça ne s’invente pas — les a passées à Londres, sur des charbons très ardents, à photograph­ier et filmer (c’était son job) des types pas comme les autres, des déviants notoires, des musiciens glorieux, en friche, les deux pieds dans le même étrier, la morve à une narine, l’autre en mode aspirateur. En ces temps bénis, Rock a immortalis­é ceux qui méritaient vraiment de l’être et, pour aller à l’essentiel, a pris les clichés de Lou Reed et d’Iggy Pop qu’on peut voir en grand au recto des 33 tours “Transforme­r” et “Raw Power”. Ce genre. Des collègues à lui auraient donné un oeil pour faire une de ces deux pochettes-là. Sinon, avant ça, Mick a shooté son copain Syd Barrett, devenu artiste solo, sous toutes les coutures espacées de ses fringues d’allumé de service. Juste après il a travaillé pour Queen. Sinon, entre les deux, il a aussi été le photograph­e officiel de David Bowie ! A ce moment précis où il est devenu Ziggy Stardust. Alors forcément, on ne peut que rendre hommage à la plateforme reine du confinemen­t de diffuser actuelleme­nt “Shot! The Psycho-Spiritual Mantra Of Rock”, excellenti­ssime documentai­re que Barnaby Clay a consacré en 2016 à Mick Rock (prétexte à un Mes Disques A Moi). Clay qui pourrait, aussi, être un ami de la famille : né en 1973 à Londres, vidéaste pour TV On The Radio ou Jon Spencer Blues Explosion et époux de Karen O, la tenancière de Yeah Yeah Yeahs. Qui se ressemble... “The Kinks, Trouble-Fêtes Du Rock Anglais” For You”, produits par Shel Talmy) et rappellent donc que, la personnali­té de ses membres étant ce qu’elle était, les Kinks ont payé le prix fort (un bannisseme­nt aux USA qui a profité aux Who, et une certaine frilosité chez eux), pour avoir refusé de se conformer à l’establishm­ent rock de l’époque (invité à chroniquer “Revolver” dans la presse musicale en 1966, Ray Davies a purement et simplement déglingué ce que beaucoup considèren­t comme le meilleur album des Beatles). De l’anecdote tragique de Actuelleme­nt sur Arte Avec “Glam Rock, Splendeur Et Décadence”, son précédent documentai­re, Christophe Conte a rappelé à ceux de son âge et enseigné aux jeunes génération­s que cette musique pailletée n’était pas que de la poudre aux yeux. Et aux oreilles. Cette fois, il fait encore plus fort avec ce film sur les Kinks, la quatrième roue du carrosse du rock anglais crucial des années 60, avec, ou plutôt les Beatles, les Rolling Stones et les Who. En moins d’une heure, format imposé oblige, le journalist­e brosse un portrait net et précis du groupe emmené par les frères Davies : Ray, le singer-songwriter pas toujours facile à suivre, et Dave, le cadet, riffeur séminal dont un larsen malencontr­eux a été immortalis­é sur de la bande magnétique, selon lui pour la première fois, lors de l’enregistre­ment de leur chanson “I Need You” aux Pye studios. Evidemment, Conte a espéré que l’aîné des frangins se prête au jeu de l’interview, mais elle ne s’est finalement pas faite. A sa place, des amateurs du groupe, éclairés, anglo-saxons (Jon Savage, Andy Miller, Andrew Loog Oldham), mais aussi français (Michka Assayas, Bertrand Burgalat) ont accepté de revenir sur le parcours d’une formation non pas maudite, mais qui n’a jamais fait le moindre effort pour que, tel une tornade blanche, le succès l’emporte. “la guitare offerte à Ray Davies, le jour de ses treize ans, par sa soeur qui mourra le soir-même d’une crise cardiaque en dansant”, après à “Phobia”, dernier album paru en 1993 auquel le groupe n’est visiblemen­t pas pressé de donner suite, l’essentiel est couvert par ce documentai­re. Le repli des Kinks sur eux-mêmes (et surtout sur la divine Albion, inépuisabl­e source d’inspiratio­n — “Waterloo Sunset”, “The Kinks Are The Village Green Preservati­on Society”) durant la seconde moitié des années 60 est pertinemme­nt évoqué, tout comme le virage rock FM de la fin de la o “Le sujet m’intéressai­t depuis longtemps et j’ai été agréableme­nt surpris qu’Arte me suive dans l’aventure. Les Kinks n’avaient pas besoin qu’on redore leur blason, mais j’ai constaté qu’il y avait incontesta­blement un déficit d’infos concernant ce groupe pétri d’ambiguïté et de contractio­ns, ce qui, d’ailleurs, contribue à leur charme” a précisé Christophe Conte au début de l’entretien qu’il a accordé à la rubrique. Pour pallier un autre manque (certaines chansons emblématiq­ues n’ont jamais été mises en images), le réalisateu­r a eu la bonne idée de “recréer des sortes de scopitones avec des séquences d’archives de Londres et de l’Angleterre”. Maîtrisant leur sujet, les intervenan­ts mentionnen­t évidemment les premiers tubes (“You Really Got Me”, “All Day And All Of The Night”, “Tired Of Waiting 092 R&F JUILLET 2020

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